Roms : la valse des expulsions continue sur l’agglomération bordelaise

31 Juil 2014 | Communiqués

Vendredi dernier, 25 juillet vers 7h00 du matin, un squat occupé par un noyau familial de roms roumains composé de 14 personnes dont 8 enfants (4 mois à 13 ans) a été évacué par les forces de l’ordre. Cet immeuble, inscrit dans le cadre du projet Euratlantique, était en relativement bon état et son occupation aurait pu être prolongée en attendant le déclenchement des travaux d’aménagement. Le choix des autorités publiques (Etat et collectivités qui composent le conseil d’administration de cet Etablissement Public d’Aménagement) a manifestement été différent puisque ces mêmes autorités ont donc ordonné et mis à exécution son évacuation. La maison a été murée par une société dans la foulée, restant ainsi inaccessible et inoccupée durant certainement encore plusieurs mois. Les familles concernées ont déjà subi plusieurs opérations de ce type au cours des mois précédents … pourtant les enfants suivent avec assiduité leur scolarité dans des établissements béglais, les chefs de familles occupent des emplois, même s’ils sont précaires, les familles sont bien connues des services sociaux et vivent depuis maintenant plusieurs années sur l’agglomération.


Plusieurs associations présentes lors de cette opération (DAL, LDH, ATD Quart Monde, CALK) peuvent attester du souci d’insertion de ces familles. Ce n’est pas l’avis des autorités qui invoquent des comportements « délictueux » sans qu’aucun de leur représentant ne soit en mesure d’en préciser la nature exacte ni en avoir vérifié la véracité.
Une solution d’hébergement en hôtel a été proposée pour 1 à 3 nuits … sur Mérignac. Depuis lundi, ces familles vivent à la rue et leur tentative d’installation dans des lieux publics (parc de la mairie de Bègles) a été systématiquement suivie d’une intervention des forces de l’ordre pour les en expulser.

Nous avons par ailleurs appris que plusieurs dizaines de  Roms bulgares, qui ont été contraints d’évacuer un squat qu’ils occupaient sur la zone industrielle de Pessac Bersol, ont aménagés sur le parking d’une déchetterie à Gradignan, logés sous tentes ou en caravanes de fortune. Ils ont reçu la visite d’un huissier, venu leur signifier l’imminence d’une expulsion. Là encore, faute de répondre aux directives ministérielles d’août 2012, les autorités publiques ont choisi d’appliquer une seule politique : celle de la condamnation à l’errance, espérant sans doute dissuader ces populations de rester dans le périmètre de l’agglomération et compromettant tous les dispositifs de suivi sanitaire et social.

La LDH dénonce ce qu’il faut bien considérer comme un acharnement et une atteinte aux droits les plus fondamentaux de ces populations, déjà « installées » ici pour la plupart depuis plusieurs années.

En gros, la gestion de ces squats témoigne de l’incapacité des autorités publiques à formaliser une solution pérenne d’hébergement ou de logement pour des personnes en grande difficulté sociale. Ce problème, qui dépasse le seul cas des populations roms bulgares ou roumaines, appelle une autre forme de réponse que la fermeture systématique de squats sans véritable solution de relogement, au delà d’une ou de quelques nuits d’hôtels. Dans le cas des Roms, cela contrevient aux dispositions de la circulaire d’aout 2012 et le nombre de personnes d’origine Roms évacuées dans ces conditions depuis le début de l’année en France frôle déjà les 7 000…
La LDH en appelle à une réponse plus appropriée et digne pour l’ensemble des personnes sans abri ou logeant dans des conditions indignes à l’échelle de l’agglomération bordelaise. Ce sujet devra absolument être traité par la future Métropole dont les compétences devraient être étendues par rapport à l’actuelle CUB.