Pladoyer pour un hopital condamné: HIA Robert Picqué

20 Fév 2018 | Contributions

Robert Piqué

En réponse à l’article de Sud-Ouest du 6 février dernier (Geneviève DARRIEUSSECQ y caractérisait l’Hôpital Robert PICQUE comme un « modèle  dépassé »)  la demande de réponse (non publiée pour l’instant) de Philippe GRIFFET s’oppose grandement à cette prise de position politicienne caricaturale. Il a été médecin chef de l’Hôpital Robert PICQUE de 1995 à 1999.

HIA Robert Picqué « un modèle de santé dépassé »

Un peu dure cette phrase lapidaire pour qualifier et quantifier l’activité d’un Hôpital d’Instruction des Armées (et d’ailleurs, toute une partie de la chaine des HIA de province), hôpital bien connu pour sa qualité et son assise remarquable dans sa situation dans la zone sud de la CUB. Ce n’est sûrement pas la seule raison du projet de transfert des activités (car il ne s’agit plus de mutualisation) sur la structure voisine de Bagatelle.

Les raisons sont évidemment budgétaires (voir les rapports successifs de la Cour des Comptes sur la « chère médecine militaire ») avec la gestion difficile des ressources humaines par la contrainte majeure des opérations militaires extérieures. Un choix a donc été fait. Et les « petits » HIA en font les frais. Le vrai partage des charges aurait pu préserver la compétence « Armées « de l’HIA Robert PICQUÉ sur son site actuel :

-urgences militaires et civiles avec possibilité d’évacuation aérienne grâce à l’héliport; -un bloc chirurgical entièrement redéfini il y a 15 ans;
-un service de rééducation fonctionnelle avec piscine;
-un service de radiologie avec IRM et scanner;

-des services médicaux, un centre de vaccination;
-un bloc de consultations externes;
-un centre des techniques de réanimation de l’avant;
-un centre de traitement des blessés radio-contaminés en convention avec les centrales de Blaye et Golfech.

Depuis son reformatage récent, cet hôpital avait obéi aux différentes certifications et accréditations qualité pour continuer à fonctionner et confirmer tous les atouts qu’il présentait pour « jouer » dans la cour des grands. L’HIARP n’a pas failli à sa mission, a toujours su s’adapter et rechercher à travailler en réseau avec les autres structures voisines et le CHU avec lequel il avait plusieurs conventions de travail et de formation. Robert PICQUÉ avait un excellent niveau de CHG situé au sud de la CUB et avait toute sa place dans l’offre de soins à ce niveau.

Ancien médecin chef de cet hôpital militaire participant au service public, ayant mis en place une grande partie de sa réhabilitation, je me devais de m’interroger sur cette funeste décision de fermeture et de me poser la question du devenir de ce magnifique site et du coût de ce démantèlement si vite programmé.

Philippe GRIFFET

Pour information,  interview de Mme Geneviève DARRIEUSSECQ dans Sud Ouest: http://www.sudouest.fr/2018/02/06/robert-picque-etait-un-modele-de-sante-depasse-ils-restent-toujours-opposes-4177120-3200.php