Palestine-Gaza : quand les populations civiles paient au prix fort les violations du droit international

25 Juil 2014 | Communiqués

Le décompte des victimes civiles ne cesse de s’alourdir dans le cadre de l’opération lancée par Israël depuis le 8 juillet sur la bande de Gaza: plus de 700 morts Palestiniens, majoritairement des populations civiles dont femmes et enfants, plus de 4000 blessés, des quartiers entiers détruits par les bombes, des bâtiments publics anéantis dont des hôpitaux … mais aussi 34 morts côté israélien, essentiellement des soldats depuis notamment le lancement de l’offensive terrestre israélienne déclenchée le 17 juillet.

La disproportion prise par l’offensive israélienne;  avec le soutien à peine voilé de la plupart des pays occidentaux, dont la France, en prétexte et en réaction aux tirs de roquette du Hamas, tout aussi condamnables que les bombardements israéliens…  s’opère au mépris des règles du droit international, laissant libre champ à l’outrance et à la sauvagerie des bombardements et des « dégâts colatéraux ». Dans ce dernier cas, on ne peut pas davantage parler de « dégâts colatéraux » que de réponse purement défensive :; c’est une véritable opération militaire qui s’est engagée quelles qu’en soient les conséquences sur une population qui vit dans l »une des zones où la densité démographique est la plus élevée du monde. La logique se veut meurtrière et dissuasive mais elle attise en parallèle tous les radicalismes et tous les fanatismes, compromettant les voies de résolution pacifique vers la coexistence de deux Etats.

Le conseil des droits de l’homme des Nations Unies a décidé mardi dernier d’envoyer une commission d’enquête indépendante pour analyser les responsabilités : cette résolution a rencontré l’opposition des Etats Unis et l’abstention des pays de l’UE dont la France.

Au bout du compte, c’est la population palestinienne qui continue de payer le prix fort, après le blocus de la bande de Gaza et les atteintes aux droit que celui ci génère (circulation, accès à l’eau, aux ressources de la mer…), après la construction (illégale mais non sanctionnée) du mur, après la poursuite de la colonisation de territoires occupés, l’opération  dite « barrière de protection »  génère un accès de colère en Palestine mais aussi en Cisjordanie. Face à cette situation, l’impuissance de la communauté internationale (des Nations Unies mais aussi de l’Union Européenne, inaudible et divisée)  aboutit à entretenir le jusqu’au-boutisme des uns ou des autres.

Les droits internationaux sont bafoués mais ici aucun pays ou chef d’Etat ne s’ose à en rappeler les bases. La position du Président Français, et du gouvernement, marque dans l’histoire diplomatique nationale, un revirement déjà entamé sous la période Sarkozy, en rupture par rapport aux positions françaises sous la présidence de François Mitterrand mais aussi sous celle de  Jacques Chirac. Jusqu’aux interdictions de manifester afin de ne « pas importer le conflit en France » … posture  aussi autoritaire qu’infructueuse propice à alimenter de fait un sentiment du deux poids-deux mesures qui fortifie les radicalismes plus qu’elle ne les apaise. On aurait pu attendre des représentants de notre pays une position plus courageuse et moins alignée sur des intérêts de géopolitique mondiale, plus respectueuse des droits et de leur respect par toutes les parties en présence. Il n’en a rien été.

Liens résolution conseil des droits de l’homme des Nations Unies
http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=14898&LangID=F
(Voir texte de la résolution en pièce jointe)