Dossier Sahraouis

sahara-occidentalLes Sahraouis

Lors de la conquête espagnole à la fin du xixe siècle, les habitants du Sahara espagnol étaient appelés los nativos ou las gentes del Sahara. Puis, peu à peu, l’administration coloniale espagnole s’est mise à utiliser exclusivement le terme de Saharaui pour désigner « l’ensemble de la population du territoire ». Le terme « sahraoui » est attesté en français dans les années 1970 pour désigner « le Sahara occidental et ses habitants nomades ». Jusque dans les années 1970, les Sahraouis étaient essentiellement nomades avec peu de villes, Laâyoune n’a été fondée qu’en 1938 par les Espagnols. Leur société est formée de tribus constituant un ensemble à la culture, aux coutumes et aux modes de vie assez homogène. Ils partagent une langue commune, le hassanya, un dialecte arabe parlé.

Jusqu’à la décolonisation, les Sahraouis étaient nomades et l’élevage de dromadaires tenait une place centrale dans leur économie et modes de vie (« nomadisme chamelier »). En 1947, les Reguibat possédaient plus de 40 000 dromadaires avec environ 10 bêtes par famille. Les nomades se nourrissaient essentiellement de lait et de viande. Leurs migrations suivaient la pluie d’où leur surnom de « fils des nuages ».

Les bombardements des aviations françaises et espagnoles lors de la guerre d’Ifni, les regroupements forcés et les expulsions de l’administration coloniale à partir de 1958, les combats entre le Polisario et les armées mauritaniennes et marocaines, l’urbanisation des années 1980 et 1990 ont provoqué la destruction des troupeaux, des pâturages et un exode rural massif vers les villes ou les camps de réfugiés sans possibilité de retour. Au début du xxie siècle, les Sahraouis sont majoritairement sédentaires bien que leur culture soit encore très imprégnée de nomadisme.

La famille possédant un troupeau formait la base de la société traditionnelle. Les liens de parenté ou de clientèles entre familles composent des tribus aux relations plus ou moins importantes. Ces tribus se reconnaissent souvent un ancêtre commun fondateur et prestigieux en relation avec la religion : saint, marabout, descendant du prophète (chérif)… Bien qu’elle soit atténuée aujourd’hui, l’appartenance à une tribu est encore importante ou évidente pour la plupart des Sahraouis.

On distingue au sein des populations du Sahara occidental trois grands groupes tribaux : les Reguibat et les Tekna, d’origine sanhajienne, et les Ouled Delim, d’origine arabe maqilienne. À ces trois grands groupes s’ajoutent les tribus sanhajiennes des Ouled Tidrarin et des Laarousyin, ainsi que la confédération maraboutique des Ahl Ma El Aïnin, axée autour des disciples et des descendants du Cheikh Ma El Aïnin.

Les Haratins constituent un cas à part, en 1993 environ un tiers des Sahraouis appartenaient à ce groupe parfois plutôt décrit comme une caste. Les Haratins sont des descendants d’esclaves qui servaient de domestiques ou de gardiens de troupeaux aux nomades comme les Bella chez les Touaregs. Bien qu’officiellement aboli, la persistance de cet esclavage fait régulièrement l’objet de témoignages et de dénonciations.

En raison du nomadisme, l’islam des Sahraouis s’est diffusé et pratiqué par les marabouts et les confréries plutôt que par les mosquées bien que les zaouïas ont joué et jouent encore un rôle important. Dans le désert et en dehors des villes, la prière s’effectue dans un alignement de pierres (« messel ») symbolisant une mosquée et portant une pierre centrale surélevée pour l’imam. Ces pratiques religieuses sont encore vivaces aujourd’hui. Les deux principales traditions de confréries qui se divisent en branches parfois concurrentes sont la Qadriya et la Jezoulia. Ces confréries ont parfois plusieurs siècles d’existence peuvent dépasser les frontières et les ethnies se retrouvant au Mali, en Mauritanie, au Maroc, au Sénégal et jusqu’au Nigeria. Certaines se sont alliées au colonisateur espagnol comme la Sidiya. À l’inverse, la Ghoudfiya et la Tidjaniaya s’opposèrent aux Européens et en particulier aux Français au Maroc et en Mauritanie xixeet xxe siècles. Une petite minorité de religieux ont développé une doctrine soufie dans la seconde moitié du xixe siècle et conservent quelques fidèles aujourd’hui. La magie, préislamique mais en syncrétisme avec le coran, est une pratique courante surtout dans le sud : rites de protection ou propitiatoires, divination, offrandes aux génies ou « yennun », aux arbres, sources et tombes.

Ouvrage en accès libre « Les Sahraouis : un peuple sans territoire » (Sophie CARATINI), chez IRD Editions

 

Le conflit du Sahara occidental

En 1884, l’Espagne s’empare du territoire qu’elle nomme alors Sahara espagnol. En 1956, le Maroc, alors protectorat français, devient indépendant. Il réclame l’indépendance du Sahara qu’il considère comme faisant partie du Maroc. En 1965 l’Assemblée générale de l’ONU demande à l’Espagne de se retirer du Sahara, dans le contexte international de la décolonisation, et affirme le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.En 1973, est fondé le Front Polisario (Frente Popular de Liberación de Saguía el Hamra y Río de Oro, Front populaire de Libération de la Saguia el Hamra et du Rio de Oro) : il lutte contre l’Espagne pour obtenir l’indépendance du Sahara. En juillet 1974, l’Espagne annonce son intention de se retirer et propose d’organiser un référendum. Le roi du Maroc Hassan II s’oppose aussitôt au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui : il considère que le Sahara était marocain avant la colonisation. Hassan II propose de soumettre le problème à la Cour internationale de Justice de La Haye. En mai 1975, une mission de l’ONU estime que le peuple sahraoui souhaite, en majorité, l’indépendance. Le 16 octobre 1975, la Cour internationale de justice reconnaît les liens historiques d’allégeance entre le Maroc et les tribus du Sahara, mais considère que ceux-ci ne prévalent pas sur le principe de l’autodétermination.Hassan II réplique aussitôt en lançant un appel aux Marocains : Le 6 novembre 1975 est organisée la « marche verte » (le vert étant la couleur du prophète) : 350 000 Marocains forment une marche pacifique et entrent dans le Sahara pour montrer à la communauté internationale l’attachement du peuple marocain au Sahara. Le 14 novembre 1975, l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie signent les accords de Madrid : l’Espagne cède le nord et le centre au Maroc, le sud à la Mauritanie. En février 1976, le Front Polisario réplique en proclamant la République sahraouie, reconnue par l’Algérie. Il entre en lutte contre le Maroc et la Mauritanie. En 1979, la Mauritanie fait la paix et renonce au sud du Sahara. Le Maroc annexe alors la totalité du Sahara occidental.En 1988, Le Maroc et le Front Polisario acceptent le plan de paix de l’ONU prévoyant un cessez-le-feu, appliqué en 1991, et l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Une mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental est créée. La situation n’a pas évoluée depuis.
ARTICLE MEDIAPART : « Un peuple se bat pour son émancipation » (5 avril 2015, ASPS Lorraine)

Le mandat de la MINUSRO

Le Sahara occidental était sous administration espagnole jusqu´en 1976. Le Maroc et la Mauritanie l´ont tous deux revendiqué, revendication à laquelle s´oppose le Front populaire pour la libération de la Saguía-el-Hamra et du Río de Oro, dit Front POLISARIO.

Les Nations Unies ont cherché un règlement de la question du Sahara occidental depuis que l´Espagne s´est retirée du territoire en 1976 et que, suite à cela, des combats ont éclaté entre le Maroc – qui a décidé de « réintégrer » le Sahara occidental à son territoire – et le Front POLISARIO, soutenu par l´Algérie. La Mauritanie a quant à elle renoncé à toute prétention sur le Sahara occidental en 1979. L´OUA est également intervenue en 1979 pour trouver un règlement pacifique au conflit.

Création de la MINURSO : En 1985, le Secrétaire général des Nations Unies a entrepris, en coopération avec l’OUA, une mission de bons offices qui a abouti aux Propositions de règlement, acceptées en principe par le Maroc et le Front POLISARIO le 30 août 1988. Le 27 juin 1990, le Conseil de sécurité a approuvé le rapport du Secrétaire général PDF en date du 18 juin 1990 contenant le texte intégral des Propositions de règlement ainsi qu´un Plan de règlement mis au point par ce dernier. Le 29 avril 1991, dans sa résolution 690 (199l) PDF, le Conseil de sécurité a décidé de créer la MINURSO conformément aux indications données dans le rapport du Secrétaire général PDF du 19 avril dans lequel le Plan de règlement était présenté en détail.

Le Plan de règlement (également appelé Plan de mise en oeuvre) du Secrétaire général ménageait une période de transition pendant laquelle le représentant spécial du Secrétaire général, agissant sous l’autorité de celui-ci, serait seul responsable de toutes les questions relatives au référendum par la voie duquel le peuple sahraoui choisirait entre l’indépendance et l’intégration au Maroc. Le représentant spécial serait assisté dans sa tâche par un adjoint et par un Groupe intégré composé de civils, de militaires et de policiers civils de l’ONU, qui constituerait la MINURSO. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a été chargé du programme de rapatriement pour les Sahraouis dont la qualité d´électeurs avait été établie et qui souhaitaient retourner dans le territoire. La période de transition devait commencer au moment de l´entrée en vigueur du cessez-le-feu et se terminer avec la proclamation des résultats du référendum.

Il était prévu que la MINURSO devrait compter de 800 à 1000 agents civils selon les besoins des différentes phases de la période de transition, environ 1 700 soldats et observateurs militaires, et 300 fonctionnaires de police. D´après le Plan de règlement, le référendum au Sahara occidental aurait dû avoir lieu en janvier 1992. Il n´a toutefois pas été possible de respecter le calendrier initialement prévu.

Le 24 mai 1991, le Secrétaire général mettant son Plan à exécution a proposé un cessez-le-feu commençant le 6 septembre. Les deux parties ont accepté. Les trois mois suivants ont cependant fait apparaître qu´il serait impossible de terminer avant le 6 septembre un certain nombre de travaux qui devaient être achevés au moment du cessez-le-feu. Il est également devenu évident qu´en dépit de l´acceptation des parties des divergences de vues persistaient entre elles sur un certain nombre de points importants. L´une des parties a, de ce fait, refusé que la période de transition commence le 6 septembre 1991. Entre-temps, les hostilités avaient éclaté dans le territoire et avaient mis un terme à un armistice de fait qui durait depuis plus de deux ans. Dans ces circonstances, le Secrétaire général a décidé que le cessez-le-feu officiel entrerait en vigueur le 6 septembre comme convenu, étant entendu que la période de transition commencerait sitôt achevées les tâches en suspens. Le Conseil de sécurité a retenu la proposition du Secrétaire général consistant à déployer d´ici là 100 observateurs militaires sur le territoire afin de vérifier le cessez-le-feu et la cessation des hostilités dans certaines zones. L´effectif des observateurs militaires a ensuite été porté à 228 hommes et du personnel de soutien logistique et administratif a également été envoyé sur place.

La MINURSO avait pour mission principale de vérifier le cessez-le-feu et la cessation des hostilités. Le quartier général de la MINURSO a été installé à Laayoune et des postes de commandements régionaux dans les secteurs Nord et Sud du territoire. Un bureau de liaison a également été établi à Tindouf, qui permettait de rester en relation avec les autorités algériennes et le Front POLISARIO.

Depuis le déploiement de la MINURSO en septembre 1991, le cessez-le-feu a été en règle générale respecté. La période de transition n’a cependant pas encore commencé, les parties ayant des vues divergentes sur certaines dispositions centrales des Propositions de règlement, en particulier les critères de définition des électeurs. Malgré ces difficultés, les parties ont continué à se dire engagées à mettre en œuvre le Plan de règlement et la MINURSO a, quant à elle, rempli le mandat qui lui avait été confié dans la mesure où la situation le lui permettait. De son côté, le Secrétaire général et ses représentants spéciaux ont poursuivi leurs efforts afin de trouver une solution acceptable par les deux parties. Ce processus a conduit à des révisions successives du Plan de règlement et du calendrier initialement prévu.

La Commission d’identification de la MINURSO a été établie en mai 1993. En août 1994, après avoir terminé le travail de préparation – notamment s´être assuré de la coopération des parties – la MINURSO a commencé le processus d´identification et d´inscription des électeurs. Du fait des difficultés procédurales et opérationnelles rencontrées, l´identification des électeurs a procédé lentement et les efforts entrepris pour résoudre le différend entre les parties n´ont pu aboutir. En l´absence de tout progrès du Plan de règlement, le Secrétaire général a recommandé en mai 1996 de suspendre le processus d´identification, ce qui a entraîné le retrait du personnel civil de la MINURSO, et notamment de la composante police de l’ONU chargée d´assurer la sécurité et d´aider la Commission d´identification. La composante militaire est restée déployée sur le terrain afin de surveiller et de contrôler le cessez-le-feu, conformément à son mandat. Au début de 1997, le Secrétaire général a intensifié les efforts entrepris pour régler de manière satisfaisante les principaux points litigieux. Ainsi, une série de pourparlers directs entre les parties a pu être organisée, sous les auspices de l´Envoyé personnel du Secrétaire général. A l´issue favorable des derniers pourparlers, le Secrétaire général a pu constater dès le mois de septembre l´entrée en vigueur des accords conclus au cours des pourparlers. Sur la recommandation du Secrétaire général, le processus d´identification a repris en décembre 1997. Malgré un certain nombre de difficultés, l’identification des individus habilités à participer au référendum – à l´exception des requérants appartenant à trois groupements tribaux – s´est achevé le 3 septembre 1998. Les parties n´ont pas été capables d´arriver à un consensus sur la façon de procéder pour les requérants membres des trois groupements tribaux souhaitant se présenter individuellement.

Afin de faire avancer le processus, le Secrétaire général a présenté en octobre 1998 un ensemble de mesures aux parties, parmi lesquelles figuraient un protocole sur l´identification de ceux des requérants membres des groupements tribaux qui souhaiteraient se présenter individuellement et un protocole sur les procédures de recours. Le Front POLISARIO a accepté l´ensemble des mesures proposées le mois suivant tandis que le Gouvernement du Maroc ne l´a accepté en principe qu´en mars 1999, après avoir demandé des clarifications. L´identification de ceux des requérants membres des trois groupements tribaux a repris le 15 juin 1999. En ce qui concerne les individus identifiés en 1994, 1995 et de décembre 1997 à septembre 1998, les procédures de recours ont débuté le 15 juillet lors de la publication de la première partie de la liste provisoire des électeurs. Cette liste incluait 84 251 noms d´individus habilités à voter sur 147 249 requérants identifiés. Durant les six semaines correspondant à la période de recours pour le groupe 94-95/97-98, la Commission d´identification a reçu 79 000 recours. L´identification des requérants membres des trois groupements tribaux s´est achevée fin décembre 1999. Sur 51 220 requérants qui se sont présentés, 2 130 ont été habilités à voter. La période de recours pour les individus de la seconde partie de la liste provisoire a commencé le 15 janvier et s´est poursuivie pendant six semaines.

Bien que le processus d’identification ait été achevé, les parties continuent de maintenir des positions divergentes en ce qui concerne la procédure d’appels, le rapatriement des réfugiés et d’autres aspects cruciaux du Plan. Depuis lors, le Secrétaire général, par le biais de son représentant spécial et plus tard de son Envoyé personnel, a continué les consultations avec les parties afin de réconcilier ces points de vue et d’explorer les moyens de parvenir à une résolution prochaine, durable et convenue de leur différend concernant le Sahara occidental.

La situation politique au Sahara occidental a connu des développements positifs au cours des dernières années. Sous les auspices de l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, des représentants des deux parties, ainsi que des représentants des pays voisins, la Mauritanie et l’Algérie, se sont réunis lors de deux phases de négociations facilitées par les Nations Unies dans la banlieue de New York en juin et en août 2007. Malgré la persistence de positions divergentes, le dialogue renouvelé a représenté premières négociations directes entre les parties au conflit depuis plus de sept ans. Une troisième série de négociations a eu lieu en janvier 2008 et les parties se sont réunies en vue de nouvelles consultations informelles en août 2009 et en février 2010. Toutefois, aucune de ces réunions n’a permis de réaliser d’avancée sur les questions de fond. Durant cette période, la MINURSO a continué à remplir son mandat en surveillant l’application du cessez-le-feu, de même qu’en appuyant un ensemble de programmes d’aide visant à répondre à la situation critique dans laquelle se trouvent les familles Sahraouies déplacées et séparées. Alors les négociations ont repris en vue d’un règlement politique mutuellement acceptable du conflit qui dure depuis 32 ans, la MINURSOcontinue d’aider les deux parties à maintenir le cessez-le-feu dans la bande de sécurité (également appelée « Berm »), qui s’étend le long de la totalité du territoire litigieux et sépare la partie administrée par le Maroc (ouest) de la zone contrôlée par le Front POLISARIO (est).

Ceci étant, la question de la surveillance  du respect des droits de l’homme reste encore hors du mandat de la MINURSO, contrairement aux autres mandats confiés aux missions de l’ONU et malgré les insistances de son secrétaire général. L’attitude du gouvernement marocain, mais aussi des grandes puissances occidentales et notamment européenne (dont la France, qui a des intérêts communs avec le Maroc au Sahara occidental), oscille entre cynisme et irresponsabilité car elle prive d’avenir toute une jeunesse (plus de 60% de la population des camps a moins de 25 ans) et fait courir le risque d’une radicalisation face à l’immobilisme de cette situation qui bafoue les règles du droit international.

 

Quels droits pour les Sahraouis réfugiés dans les camps de Tindouf ?

Ayant fui le conflit, 90 000 à 165 000 réfugiés Sahaouis vivent dans les camps du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR, rattaché à l’Organisation des Nations Unies) de Tindouf, dans le sud algérien. Les réfugiés sahraouis qui vivent dans cinq camps près de Tindouf dépendent principalement de l’aide humanitaire. Ils ont peu de perspectives de devenir autosuffisants dans la mesure où les activités génératrices de revenus y sont rares. Selon les estimations du Gouvernement algérien, les camps accueillent 165 000 réfugiés. En attendant une opération de recensement, le programme d’assistance du HCR continue d’être basé sur le chiffre prévisionnel de 90 000 réfugiés sahraouis vulnérables. L’une des difficultés tenant au refus exprimé par l’Algérie et par le Front Polisario d’un véritable recensement dans les camps de Timdouf, l’un des enjeux restant ici le maintien d’une aide internationale conséquente. C’est la raison pour laquelle les chiffres officiels de l’ONU restent depuis plusieurs années bloqués sur 90 000 réfugiés, là où le gouvernement algérien et le Front Polisario annoncent la présence de 165 000 personnes dans les camps concernés.

Cette situation particulière empêche les occupants, notamment les plus jeunes nés dans ces camps du HCR, de  bénéficier automatiquement du statut de réfugiés et de la protection internationale théoriquement garanti en ce cas mais inapplicable à Tindouf compte tenu des modalités de gestion de ces camps, où les conditions de vie sont extrêmement difficiles. Cette situation a d’ailleurs récemment donné lieu à des manifestations de jeunes sahraouis vivant sur place ou à l’étranger.

Vous pouvez consulter par ailleurs les informations du site ARTE, qui a diffusé un reportage sur cette question « La dernière colonie » .

 

La situation des Sahraouis à Bordeaux

Plus de 400 ressortissants du peuple Sahraoui seraient actuellement présents dans l’agglomération bordelaise, au vu du nombre de demandes d’asile enregistrées. Certains sont arrivés en 2013 et, déjà, les conditions d’accueil avaient été dénoncées : une partie d’entre eux (une soixantaine) avait trouvé refuge dans des wagons désaffectés en gare Saint Jean et avait fait l’objet d’une mesure d’expulsion (cf. articles ci-dessous). La plupart présents aujourd’hui sont arrivés il y a quelques mois et ont demandé asile à la France. Faute de places disponibles dans les Centres d’Accueil pour Demandeurs d’Asile de l’agglomération (3 actuellement qui totalisent moins de 400 places), faute d’être considérés comme « prioritaires » car « moins vulnérables » que les familles avec enfants ou les personnes malades, la plupart de ces demandeurs d’asile Sahraouis, quasi-exclusivement des hommes, sont contraints à trouver des solutions improvisées, et souvent indignes, d’hébergement.

Fin 2013 et courant 2014, la situation d’une quarantaine de Sahraouis ayant trouvé refuge dans des wagons désaffectés en gare de Bordeaux avait déjà attiré l’attention des médias locaux.

Article Sud-Ouest : « Ils vivent depuis 8 mois dans des wagons abandonnés » (7 juin 2014)

Article Rue 89 Bordeaux : les trains de la honte (18 juin 2014)

Article La Croix « A Bordeaux, des Sahraouis demandent asile à la France » (23 juin 2014)

Article >Aqui! « Quel sort pour les Sahraouis qui demandent asile à Bordeaux ? » (24 juin 2014)

Reportage BFMTV « Des demandeurs d’asile ont élu domicile dans des wagons désaffectés » (4 juin 2014)

Quelques mois plus tard, d’autres réfugiés des camps de Tindouf ont rejoint les précédents mais leurs conditions dans la capitale girondine ne se sont guère améliorées. Plus d’une centaine ont élu domicile dans des baraquements de fortune sous le pont Saint Jean en bordure de Garonne sur la rive droite, dans des conditions extrêmement précaires. Fin février et début mars 2015, alors que les conditions météorologiques laissaient craindre des débordements du fleuve et faisaient courir un risque aux occupants de ce bidonville, plusieurs associations dont la LDH dénonçaient l’inaction des autorités, qui prennent alors des dispositions provisoires et de courte durée (nuitées d’hôtel, 3 nuités dans un gymnase réquisitionné…).

COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA PREFECTURE DE LA GIRONDE

La LDH, associée à la CIMADE et à l’ASTI, avaient alors dénoncé les conditions d’accueil par l’Etat des Saharouis à Bordeaux et plus largement des demandeurs d’asile sans solution d’hébergement adaptée, à l’occasion d’une conférence de presse organisée sur le site..

COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA LDH

Article Sud-Ouest « Bordeaux : quai Deschamps, la colère des migrants Sahraouis déborde » (27 février 2015)

Article Aqui! « Un bidonville en plein coeur de Bordeaux : les Sahraouis demandent de l’aide » (26 février 2015)

Article Rue 89 Bordeaux « Des Sahraouis abrités des grandes marées » (20 mars 2015)

Article Sud-Ouest « Les associations demandent une solution « digne » pour les Sahraouis de Bordeaux » (23 mars 2015)

20 Minutes Bordeaux « Des personnes sans abri hébergées dans un gymnase le temps des grandes marées » (19 mars 2015)

Reportage France 3 Aquitaine « Le campement de fortune des réfugiés Sahraouis sous un pont de Bordeaux » (3 mars 2015)

Reportage France Bleu Gironde « Les associations dénoncent un bidonville au coeur de Bordeaux » (26 février 2015)

Reportage Vice News « La marée du siècle menace un bidonville de migrants à Bordeaux » (20 mars 2015)

Reportage TV Bordeaux 33 (23 mars 2015)

Reportage TV Bordeaux 33 (24 mars 2015)

Constatant l’immobilisme des autorités, la LDH a adressé courant juin une lettre ouverte à l’attention du Préfet de la Gironde et des collectivités locales concernées, pour leur demander de prendre des dispositions plus conformes aux droits et au simple respect dû aux personnes, quelles que soient leurs origines ou nationalités. En vain, puisque le 29 juin le préfet ordonnait l’évacuation avec concours de la force publique des baraquements installés sous le pont Saint Jean et de la centaine de ressortissants Sahraouis qui y étaient installés. Hormis quelques uns d’entre eux hébergés en hôtel compte tenu de leur état de santé, les solutions proposées à la plupart sous la forme de 3 nuits dans des hébergements situés loin de BOrdeaux (Naujac sur Mer, Libourne) étaient totalement inadaptées. Pour ces demandeurs d’asile, il importe de pouvoir suivre leur dossier et réaliser les démarches administratives qui s’imposent auprès des administrations compétentes, toutes situées à Bordeaux. En outre, la solution proposée à très court terme ne répondait absolument pas aux exigences imposées par les textes en terme d’accueil et de prise en charge. Aussi, la plupart d’entre eux sont restés sur place et ont réinvesti un terrain situé à proximité du pont Saint Jean, avec l’appui de la solidarité citoyenne et de diverses organisations (ASTI, CIMADE, Fondation Abbé Pierre, LDH, Médecins du Monde, RESF…).

Communiqué de presse de la préfecture (30 juin 2015)

Article Rue 89 Bordeaux « A Bordeaux, des demandeurs d’asile dans l’impasse » (17 juin 2015)

Article Sud-Ouest « Le campement des migrants Sahraouis évacué » (29 juin 2015)

Article 20 Minutes Bordeaux « Évacuation d’un campement d’une centaine de Sahraouis sous le pont Saint Jean à Bordeaux » (29 juin 2015)

Reportage France Bleu Gironde « Démantèlement d’un camp Sahraoui à Bordeaux » (29 juin 2015)

Article Sud-Ouest « Le campement Sahraoui du pont Saint Jean rasé » (30 juin 2015)

Article Rue 89 Bordeaux « Le squat du pont Saint Jean évacué et rasé » (30 juin 2015)

Article Rue 89 Bordeaux « Le camp des Sahraouis de Bordeaux : Calais sur Garonne » (10 juillet 2015)

Article Sud-Ouest « Des cuves d’eau pour les réfugiés Sahraouis » (11 juillet 2015)

Article Rue 89 Bordeaux « Des réservoirs d’eau sur le campement des Sahraouis » (11 juillet 2015)

Le 16 juillet 2015, une réunion s’est tenue à la préfecture de la Gironde en présence de représentants des collectivités territoriales (Mairie de  Bordeaux, Bordeaux Métropole, Conseil départemental de la Gironde), lors de laquelle de nouvelles dispositions ont été annoncées afin d’améliorer la situation des personnes vivant sur ce campement et de trouver des solutions alternatives d’hébergement dans des lieux plus abrités.

Article Sud-Ouest  « On cherche un toit pour les Sahraouis » (18 juillet 2015)

 

 Autres informations sur le dossier Sahraoui

 

Le Monde Diplomatique « Si riche Sahara occidental » ‘Olivier Quarante, mars 2014)

Le Monde Diplomatique « Résistance obstinée des Sahraouis » (Olivier Quarante, février 2012)

Arte « Au Sahara occidental, rien de nouveau » (avril 2015)