Il y a d’autres Florence Cassez dans le monde!

15 Fév 2013 | Contributions, Événements

Les démêlés  de Florence Cassez avec la justice mexicaine, dans une affaire de droit commun, ont ému, à juste titre, l’opinion publique française. Sa libération ne doit pas nous faire oublier le sort d’autres détenus injustement condamnés pour des faits du même ordre, comme celui , beaucoup moins médiatisé,  d’Adil Lamtalsi (citoyen français résidant à Eysines) , en prison au Maroc pour trafic de drogue.

Un comité de soutien s’est créé pour le défendre. Lire l’article de Sud Ouest:

http://www.sudouest.fr/2011/03/22/un-comite-de-soutien-pour-faire-liberer-adil-lamtalsi-349944-625.php

Notre intervention à FR3 Aquitaine

         

Historique de l’affaire

         Le 2 octobre 2008, Adil Lamtalsi circule en voiture (BMW), dans Tanger, accompagné de son épouse et de sa belle-soeur. Ils ont pour projet, l’achat d’un appartement. A cette fin, Il vient de  retirer une forte somme d’argent (20000 euros) de sa banque.

          A Larache, 120 km plus au sud, un hélicoptère tente de charger une importante quantité de drogue. Repéré par la gendarmerie, il s’enfuit. Au sol, les forces de l’ordre trouvent plusieurs véhicules abandonnés contenant 1600 kg de canabis. Deux voitures dont une BMW seraient en fuite. Notre compatriote se sera-t-il trouvé au mauvais moment et au mauvais endroit, dans la mauvaise voiture? Arrêté à Tanger (malheureusement pour lui, dans une BMW), le contrôle ne fait  apparaître rien de suspect hormis les 20000 euros. Cela va suffire pour en faire un suspect.

          Il est torturé au cours de son interrogatoire. Il finit par reconnaître son implication dans le trafic. Le procès verbal, rédigé en arabe (langue qu’il ne lit ni n’écrit) n’est même pas signé, simplement paraphé par l’empreinte de son pouce.

         Devant le tribunal, le 11 novembre 2008,  il revient sur ses aveux, et clame son innocence. Malgré l’absence de preuve, il est condamné à dix ans de prison,  la peine sera confirmée en appel le 17 février 2009 et le pourvoi en cassation rejeté.

          Sur la base des traductions assermentées  des pièces officielles de la procédure, La Ligue des Droits de l’Homme émet les plus grands doutes sur la culpabilité d’Adil Lamtalsi, la condamnation ne reposant que sur des aveux obtenus dans des conditions  bien contestables.

  • Aucune preuve matérielle n’apparaît au dossier, pas de drogue dans la voiture ou au domicile, aucun mouvement financier suspect.

  • L’accusé est arrêté très loin des faits, voilà un bien curieux fuyard qui se promène tranquillement en famille, alors qu’on le recherche!. On ne sait toujours pas sur quel critère sa voiture a pu être interceptée.

  • Au cours du procès, aucun lien n’apparaît avec les autres accusés. Ceux-ci d’ailleurs déclartent ne pas le connaître.

  • Les aveux (en arabe) et non signés, éléments clé de l’accusation, ont été extorqués sous la contrainte

          La Ligue des Droits de l’Homme est intervenue à trois reprises auprès du ministère des affaires étrangères (lire notre dernier courrier Lettre affaire étrangères 18 octobre 2012 ) , pour que les droits humains les plus élémentaires de Monsieur Lamtalsi soient respectés, en premier lieu le droit à un procès équitable.

         Le président de la république déclarait à Grenoble, suite à la libération de Florence Cassez, « Tous ceux qui se battent pour la libération de nos compatriotes doivent être encouragé par cette décision ». La famille, soutenue par la LDH attend une forte implication des autorités françaises en vue d’obtenir la libération de notre compatriote.