Garder le cap des droits, des libertés et du respect dû à chaque personne

08 Déc 2018 | Communiqués

LDH

Communiqué de la LDH-Région Nouvelle Aquitaine

L’abus de mépris est un puissant stimulant de rancœur et de colère et l’excès de violence, sous couvert d’autorité publique, ne peut qu’attiser violence en retour. Le climat actuel qui règne dans notre pays marque la mesure d’un profond raz-le-bol et, de fait, ça déborde. Ça déborde face aux inégalités, face aux injustices avérées et ressenties, ça déborde face à une violence d’Etat qui s’exprime tant au plan politique que du point de vue répressif…

En Gironde même, la manière dont certaines forces de maintien de l’ordre sont intervenues à l’occasion de récents rassemblements soulève question, par la brutalité et le caractère parfois disproportionné d’usage de la force, ce que l’observatoire girondin des libertés n’a pas manqué d’observer justifiant d’une alerte au Préfet. Les contraintes d’intervention et de mobilisation imposées par l’actualité du moment, la fatigue physique et psychologique qu’elles génèrent chez les agents concernés, ne peuvent pas tout excuser ni davantage justifier un usage abusif de la force sous couvert de l’autorité publique.

Garder le cap des droits, des libertés et du respect dû à chaque personne reste plus que jamais, dans une telle période, d’une absolue nécessité sinon à se laisser gagner par la résignation ou à l’inverse par une incontrôlable envie d’en découdre en cédant aux pires manipulations, aux pires aveuglements.

Cette exigence est indispensable dans l’action au quotidien que peut mener la LDH. Elle peut conduire à des remises en question, à des incompréhensions. Mais c’est en tout les cas la ligne que la LDH s’efforce de défendre dans tous les collectifs où elle est ici impliquée et c’est aussi pourquoi la défense des droits ne peut être prisonnière de quelconques arrangements ou intimidations, de quelques effets de réseaux… Cette posture n’est pas un long fleuve tranquille car elle impose sans cesse d’en porter les arguments, d’en mesurer les conséquences, au prix parfois de difficiles décisions.

Il est de fait que les droits et libertés sont aujourd’hui sévèrement mis à l’épreuve et les projets de réforme (ex : réforme de la justice) ou annonces récentes (révision par voie d’ordonnance et sans débat parlementaire de l’ordonnance de 1945 relative à l’enfance) exigent plus que notre vigilance et une totale mobilisation, même si le bruit ambiant étouffe quelque peu l’acuité de ces débats.